PAYSAGE PATRIMOINE HISTOIRE

Chaque bâtiment du site de l’Abbaye de Saint-Jean des Vignes signe son époque : anciens bâtiments abbatiaux, cloître, façade de l’église, salle d’exposition de l’arsenal qui témoigne de l’occupation militaire….
Le choix d’implanter le dépôt archéologique à Soissons semble judicieux voire stratégique. Les institutions de recherche sont déjà en place, les réserves s’installent sur un site archéologique reconnu et accueillant déjà de nombreux visiteurs. L’art contemporain côtoie les peintures murales vieilles de plusieurs siècles, l’architecture militaire frôle l’architecture religieuse. L’ambition est claire sur la vocation de pôle culturel et scientifique du site.
Le dépôt se joindra aussi à cette stratification d’histoires et d’architectures sans souffrir de déranger mais dans le respect du lieu qui l’accueille.
Le paysage s’entend ici comme un processus, non comme on l’entendait autrefois un état physique final englobant. C’est un processus capable d'en engager d'autres en constante régénération et redéfinition, c’est un paysage par couches qui se juxtaposent et se superposent.
Ce site patrimonial aujourd’hui est la représentation parfaite de couches d’artefacts nourrissant des relations intimes.
Ce site assume le changement comme variable permanente et crée des systèmes dynamiques de comportements...
Cette pluralité nous rappelle que territoire, usage et histoire sont intimement liés.
C’est en confondant paysage et histoire que le dépôt de fouilles s’inscrira en ces lieux…Le nouveau dépôt marquera sa déférence face au patrimoine mais n’oublie pas de se distinguer et de s’affirmer comme un édifice public contemporain; Il se veut discret mais non absent:Il propose un nouveau paysage, souligne les vues sensibles et enfouit ses mystères.

jeudi 17 septembre 2009

CONTEXTE

Le dynamisme des structures archéologiques implantées à Soissons ont généré une importante quantité de mobiliers archéologiques qui souffraient d’un problème de stockage et d'étude.

La réalisation d’un Dépôt de fouilles de 1 200m2 a été décidée en 2000 pour résoudre le stockage et permettre de meilleures conditions de conservation et de recherche des collections archéologiques conservées par le Musée, le Centre archéologique de Soissons et le Centre d'Etudes des Peintures Murales Romaines de Soissons. Il doit permettre aussi de rationaliser le fonctionnement des structures archéologiques basées sur le site de Saint-Jean-des-Vignes, dans le cadre du projet de site, et de mieux faire connaître leurs activités.

Initialement baptisé Dépôt de Fouilles Archéologiques de Soissons cet équipement correspond au concept de Centre de Conservation et d’Etudes défini récemment par le Ministère de la Culture.
Cet équipement municipal sera dirigé par le conservateur du musée. La gestion scientifique du mobilier et de la documentation relevant de la responsabilité de l’Etat, sera assurée, sur place, par un agent de l'Etat. Un régisseur (assistant qualifié de conservation), recruté par la Ville de Soissons, assistera le directeur du CCE et le gestionnaire scientifique. Le CEPMR-APPA apportera son expertise technique en matière de conservation préventive.


Le Centre de Conservation et d’Etudes contiendra l’ensemble du matériel archéologique appartenant à l’Etat issu des fouilles archéologiques réalisées dans l’Aisne, les collections archéologiques du Musée Municipal et un espace de stockage temporaire de matériel archéologique en cours de traitement et d’étude par le Centre d’Etudes des Peintures Murales de Soissons.

Le site de Saint-Jean-des-Vignes où sont basées les structures archéologiques était le site idéal pour cet aménagement. La ville ne disposant pas d’espaces nécessaires à cet usage obligeait la construction sur le site. L'étude de faisabilité a défini que le terrain le plus approprié serait situé au nord de l’Arsenal (salle d'expositions temporaires et réserves du musée).

Le choix du jury du concours d'architecture, réuni en 2006, s’est porté sur une création résolument contemporaine proposée par K-architectures. Karine Herman, lauréate 2004 des nouveaux albums des jeunes architectes, a proposé la création d'un long bâtiment en Corten (tôles patinées) posé sur un vaste sous-sol visible par le public à partir d'une grande faille parallèle à la rue saint-Jean.

En complément des espaces adaptés pour la conservation et l’étude du matériel archéologique ont été prévus des espaces d’animation et de médiation pour le public.
Cette ouverture vers le public, (galerie d'exposition, animations pour le public scolaire, visites guidées thématiques, journées nationales des musées et du Patrimoine) offrira une offre culturelle supplémentaire à la Ville de Soissons en cohérence avec le projet de site de l’ancienne abbaye Saint-Jean-des-Vignes.

Après l'évaluation archéologique du terrain suivie d'une fouille de sauvetage, réalisée par l'INRAP, le chantier de construction a commencé en septembre 2009 pour plus d'un an de travaux.

Pour la construction du Centre de Conservation et d'Etudes, la Ville de Soissons reçoit le concours du Ministère de la Culture, du Conseil régional de Picardie, du Conseil général de l'Aisne et de la Communauté d'Agglomération du Soissonnais.


D.Roussel (Conservateur du musée de Soissons)